Mizmor LeDavid – Psaume 29

Mizmor LeDavid (Psaume 29) est un chant couramment entonné durant les offices de Shabbat. Il repose sur une structure particulièrement précise et significative : ainsi, par exemple, la voix de l’Eternel (Qol Adonaï) revient sept fois dans le poème et suit symboliquement un itinéraire du nord au sud, du Liban au désert du Cadès, mais également des hauteurs aux plaines. Le poème lui-même évoque d’abord l’Eternel, puis Sa création, et enfin le Peuple.

L’air le plus souvent utilisé au sein de Kehilat Kedem pour Mizmor LeDavid :

Quelques autres versions de Mizmor LeDavid

Illustration : Roy Abi Saad – Unsplash

Parasha Toledot : difficile filiation – par Yann Boissiere

Longtemps infertile, Rébecca est enfin enceinte. Mais ses enfants, des jumeaux, se battent déjà en son sein. Il lui est annoncé qu’il en sera ainsi toute leur vie, et même au-delà, au travers des peuples qui descendront d’eux. Le premier à naître, Esaü, est un chasseur vigoureux, aimé par son père Isaac. Le second, Jacob, aime l’étude et rester sous la tente, auprès de sa mère. Un jour qu’Esaü revient de la chasse affamé, il aperçoit Jacob cuisant un plat de lentilles, et les échange contre le droit d’aînesse.

Une famine advient et Isaac doit migrer chez les Philistins. Il y renouvelle le pacte avec eux et s’installe à Beer Sheva. Esaü épouse des femmes du pays, ce qui déplaît à sa mère. Isaac, sentant que la mort approche, souhaite donner sa bénédiction à Esaü mais Jacob, sur les conseils de Rébecca, usurpe sa place. Apprenant cela, Esaü se promet de tuer son frère, qui doit fuir chez son oncle Laban, frère de Rébecca.

Illustration : Alexander Grey – Unsplash

Lekhou Neranena

Allons, chantons en l’honneur de l’Eternel ! Le Psaume 95 (94 dans la numérotation chrétienne) fait partie des « Psaumes royaux » : ceux qui présentent l’Eternel comme un souverain pour Son Peuple. Bien que l’auteur en soit inconnu, la tradition tend à l’attribuer à David.

Lekhou Neranena fait traditionnellement partie des chants d’ouverture des offices de Shabbat.

Quelques versions de Lekhou Neranena

Illustration : Scarlet EllisUnsplash

 

 

Qu’y a-t-il dans le Tanakh ? Par Yeshaya Dalsace

Tanakh (תנ״ך) signifie « כתובים – נביאים – תּוֹרָה» (Torah – Neviim – Ketouvim) et désigne l’ensemble des trois parties de la Bible hébraïque : la Loi (Torah), les Prophètes (Neviim) et les autres écrits (Ketouvim). Cet ensemble canonique correspond à la définition juive de la Bible, qui n’est pas identique à ce que les chrétiens nomment l’Ancien Testament. Dans cette intervention, le rabbin Dalsace revient sur ces notions et les précise.

Illustration : Mick Haupt – Unsplash

Recette : les Latkes

Hannukah approche ! Et qui dit Hannukah dit cuisine à l’huile, et notamment les Latkes. Petite histoire d’une grande recette…

Histoire des Latkes

Etymologiquement parlant, un latke, en yiddish, ça n’est jamais qu’une galette. Les latkes d’Hannukah sont l’un des grands classiques de la cuisine traditionnelle ashkénaze, et l’un des aliments inévitables en cette saison. Bien entendu à base de pommes de terre (ça n’est pas un plat d’Europe centrale pour rien), et bien entendu frits (Hannukah oblige), ils existent dans de nombreuses variantes. En réalité, le plat, qui est attesté depuis au moins le Moyen-Âge, n’a pas toujours utilisé des pommes de terre et peut être préparé à base de carottes ou de panais. D’autres versions étaient faites à base de ricotta ou de quark (un fromage allemand au lait écrémé) mais ces recettes pouvaient poser problème en termes de kasherout, et interdisaient en particulier la cuisson dans le schmaltz (la graisse de poulet ou d’oie, très usitée dans la cuisine ashkénaze) ; aussi, dès l’introduction de la pomme de terre en Europe, la recette à base de patates a-t-elle rapidement supplanté ses alternatives.

En hébreu moderne, on appelle les latkes לְבִיבָה (levivah, pluriel levivoth).

Recette des Latkès

Ingrédients pour 4/5 personnes

  • 3 œufs
  • 50g de farine
  • 4 à 6 grosses pommes de terre
  • 1 gros oignon
  • 1 grand verre d’huile de friture
  • Sel, poivre

Préparation

  • Eplucher les pommes de terre et l’oignon.
  • Râper les pommes de terre et l’oignon (vous pouvez aussi les passer ensemble au mixeur).
  • Mélanger les légumes râpés. Les saler, puis les laisser égoutter une dizaine de minutes dans une passoire. Presser pour évacuer l’eau excédentaire. Verser le mélange dans un saladier.
  • Ajouter la farine, les œufs, le poivre, éventuellement d’autres épices, selon votre goût. Malaxer pour obtenir une pâte homogène. Si l’ensemble reste trop humide, assécher avec davantage de farine ou un peu de fécule de pomme de terre.
  • Faire chauffer l’huile dans une sauteuse. Quand elle est bien chaude, abaisser à feu moyen.
  • Prélever de petites boules de mélange avec une cuillère (à café ou à soupe, selon que vous souhaitiez obtenir de grandes ou de petites galettes). Laisser frire chaque galette 4 à 5 minutes sur un côté, puis 1 à 2 minutes sur l’autre.
  • Quand une galette est cuite et bien dorée, la sortir de l’huile et la poser sur du papier absorbant, type Sopalin, pour la débarrasser des excès d’huile.
  • Quand toutes les galettes sont cuites, saler et servir.

Options et compléments

On sert souvent les Latkes avec une compote de pomme. Ce mélange sucré-salé est délicieux.

Vous pouvez, selon votre goût, faire varier la proportion oignon/pomme de terre. Pour que la recette se tienne, il vaut mieux garder au moins 50% de pommes de terre.

On peut préparer les Latkes avec d’autres légumes : carottes et courgettes, en particulier, s’y prêtent très bien. Attention en ce cas à bien faire dégorger les courgettes, car une pâte trop liquide ne se tiendra pas dans l’huile : il peut être utile, une fois les courgettes râpées, de les saler et de les laisser reposer une heure dans une passoire pour qu’elles rendent une partie de leur eau, avant de les presser.

Et parce que tout est meilleur avec une chanson…

‘Haye Sarah : un érotisme de la pudeur – par Mira Neshama, socio-anthropologue

La parasha ‘Haye Sarah (La vie de Sarah) nous présente la mort de Sarah, à l’âge de 127 ans. Abraham achète alors la grotte de Makhpela, qu’il consacre comme caveau familial. Il donne ensuite à son serviteur Eliezer l’ordre d’aller trouver une épouse pour son fils Isaac, dans sa famille restée à Haran. Eliézer fait la connaissance de Rébecca, près du puits de Haran. Rébecca se révèle non seulement généreuse, mais également fille de Bethuel, le neveu d’Abraham. La proposition de mariage est acceptée. Les jeunes mariés se rencontrent pour la première fois lors du retour d’Eliezer en Canaan et tombent amoureux. Abraham se remarie et a d’autres enfants mais il fait d’Isaac son unique héritier. Puis Abraham lui-même meurt, à l’âge de 175 ans. Il est enseveli par ses fils Isaac et Ismael.

Illustration : Katsiaryna Endruszkiewicz – Unsplash

Lekha Dodi

Lekha dodi (לכה דודי) est un cantique chanté le vendredi soir, afin d’acceuillir le shabbat, présenté comme une fiancée qu’on attend et qui vient enfin. Il fait écho à Qol Dodi, en présentant, ici encore, le rapport entre Israël et le Transcendant comme une relation amoureuse. Relativement récent en comparaison des autres textes liturgiques (il a été composé au XVIème siècle par Salomon Alkabetz, dont on retrouve d’ailleurs le nom en acrostiche des huit premières strophes), ce poème a rapidement connu un succès extraordinaire, dans toutes les parties du monde juif.

Version de Lekha Dodi couramment chantée lors des offices de Kehilat Kedem

Quelques autres versions de Lekha Dodi (attention : il y en a vraiment beaucoup, et dans tous les genres) :

 

Illustration : Alla Biriuchkova – Unsplash

Avraham Avinu – chant ladino

Avraham Avinu (également appelé Kuando el rei Nimrod) est un chant traditionnel en ladino, et l’un des grands classiques du répertoire musical séfarade. Il ne semble cependant pas dater du Moyen-Âge, mais avoir été composé plus tard, au sein des communautés séfarades exilées d’Espagne et vivant au Maghreb et dans l’Empire Ottoman. La chanson a été plusieurs fois remaniée au fil du temps; la version que nous connaissons aujourd’hui a été composée à Tangers par un musicien anonyme entre 1880 et 1890.

Paroles d’Avraham Avinu

Kuando el rei Nimrod al kampo salia
mirava en el sielo i en la estreyeria
vido una lus santa en la juderia
Ke avia de naser Avraham Avinu.

Avraham Avinu, Padre kerido
Padre bendicho, lus de Israel.

Luego a las komadres enkomendava
Ke toda mujer ke prenyada kedara
si paria un ijo, al punto la matara
Ke avia de naser Avraham Avinu.

La mujer de Terah kedo prenyada
i de dia en dia el le preguntava (or demandava)
« ¿De ke teneix la kara tan demudada? »
Eya ya savia el bien ke tenia.

En fin de mueve mezes parir keria
iva caminando por kampos i vinyas,
a su marido tal ni le descubria
topo una meara, ayi lo pariria

En akella ora el nasido avlava:
« Anda vos, la mi madre, de la meara,
yo ya topo kien m’alechara,
Malah de sielo me acompanyara
porke so criado del Dio bendicho. »

En fin de veinte dias lo fue a visitar,
lo vido d’enfrente, mansevo saltar,
mirando al cielo y bien atinar,
para conoser el Dio de la verdad.

« Madre, la mi madre, ke buscaix aqui?
Un ijo presiado pari yo aki.
Vine a buscarlo, si se topa aqui,
si esta bivo me konsolare yo. »

« Madre, la mi madre, ke avlaix?
Un ijo presiado, komo lo dexaix?
A fin de veinte dias, como lo vizitaix?
¡Yo so vuestro ijo presiado! »

Mirad la mi madre, que el Dío es uno,
él crio los cielos uno per uno.
Dizedle a Nimrod que perdio su tino
porke no quiere creer en el Verdadero.

Lo alcanzó a saver el rey Nimrod esto,
« ¡dixo que lo traigan aina y presto
antes que desreinen a todo el resto
y dexen a mi ya crean en el Verdadero! »

Ya me lo truxeron con grande albon
y el travó de la silla un buen travon.
« ¿Di, raxa—por que te tienes tu por Dío?
¿Por que no quieres creer en el Verdadero? »

« ¡Acendiendo un horno, bien acendido,
echadlo presto qu’es entendido!
Llevadlo con trabucos, qu’es agudo,
si d’aqui el Dío lo escapa, es el Verdadero. »

Echandolo al horno, iva caminando,
con los malakhim iva paseando,
y todos los lenyos fruto ivan dando;
d’aqui conocemos al Dío verdadero.

Grande zekhut tiene el senyor Avraham,
que por él conocemos el Dío de la verdad.
Grande zekhut tiene el senyor parido,
que afirma la mitsvá de Avraham Avinu.

Saludemos agora al senyor parido,
que le sea besiman-tov este nacido,
qu’Eliahu ha-Navi mos sea aparecido,
y daremos loores al Verdadero.

Saludemos agora al compadre [sandak] y tambien al mohel
que por su Zekhut mos venga
el Goel y Rahma a todo Yisrael,
cierto loaremos al Verdadero.

Quelques interprétations d’Avraham Avinu

Illustration : Claudette Bleijenberg – Unsplash

Parasha Vayera : quand Abraham voit – par Delphine Horvilleur

Dans la parasha Vayera, Abraham, qui vient de se circoncire, reçoit la visite de trois hommes (ou trois anges) : l’un d’eux lui annonce la naissance prochaine de son fils Isaac, les deux autres sont là pour détruire les villes de Sodome et Gomorrhe. Abraham tente d’empêcher la catastrophe et plaide pour que l’Eternel épargne les deux cités. D.ieu accepte, à condition qu’il parvienne à y trouver dix justes mais seul Loth répond à ce critère. Loth est d’ailleurs le seul à accueillir les deux anges avec hospitalité, malgré l’opposition des hommes de Sodome. Les anges permettent à Loth et à sa famille de quitter la ville avant qu’un déluge de soufre et de feu ne s’abatte sur elle. La femme de Loth, qui s’est retournée pour voir le spectacle, est changée en statue de sel. Loth et ses filles se réfugient à Sohar, dans une caverne. Les filles de Loth l’y saoulent et ont de lui deux enfants : Ammon et Moab.

Abraham va s’installer chez les Philistins, où le roi Abimelek, à l’instar de Pharaon autrefois, convoite un temps Sarah.

Isaac naît et Sarah obtient le renvoi d’Hagar et de son fils Ismaël, qui sont sur le point de mourir dans le désert, quand D.ieu leur dévoile une source d’eau. Ismaël s’installe dans le désert de Paran.

D.ieu ordonne ensuite à Abraham de « faire monter à Lui » Isaac. Abraham obéit et lie son fils sur l’autel de sacrifice; mais alors qu’il est sur le point de le tuer, un ange arrête son geste.

Illustration : Bacila Vlad – Unsplash

Comprendre la relation entre le judaïsme et Jérusalem

Si je t’oublie, Jérusalem…, chantent les Psaumes. Si le lien spécifique qui unit le judaïsme à la ville de Jérusalem est indéniable, il est complexe, multiple, et même parfois contradictoire. Dans cette courte présentation, le rabbin Philippe Haddad expose les points essentiels de la relation si particulière que les Juifs entretiennent avec la ville, tant d’un point de vue historique que d’un point de vue culturel ou liturgique.

Illustration : Sander CrombachUnsplash