2026
Parasha Behar-Behoukoutai : le commentaire de Claire
Cette semaine, nous lisons la double paracha Behar-BE’houkotaï qui clôture Vayikra. Behar nous parle Shemitah, l’année sabbatique: tous les 7 ans, la Terre d’Israël doit être laissée au repos. On arrête de cultiver, on renonce à posséder et chacun peut se nourrir librement de ce que la terre donne. Mais la paracha va encore plus loin avec le Yovel, le Jubilé : après 50 ans, les terres retournent à leurs propriétaires d’origine, les dettes sont effacées, les hommes retrouvent leur liberté. Les déséquilibres sociaux ne restent pas permanents (quelle idée moderne !). Et puis Be’houkotaï nous dit que si le peuple d’Israël vit en respectant les Lois édictées par D., alors cela lui apportera des bénédictions. Mais s’il s’en éloigne, la Torah décrit une série d’épreuves que D. impose au peuple d’Israël.
Je me suis demandée en quoi ces parachiot me parlaient aujourd’hui dans ma vie. Et la réponse m’est venue du contraste saisissant entre mon lieu de travail, le bloc opératoire et ma passion, passer du temps dehors. Je travaille dans un lieu fermé, presque coupé du monde. Tout y est contrôlé, la lumière, l’air, les gestes. Le degré d’exigence et d’efficacité est très élevé. Et puis dès que je peux, je pars. Je m’évade dans la nature, là où je ne maîtrise rien, ni la météo, ni le terrain, rien. Et pourtant, je respire mieux. Entre ces deux mondes, je me demande: où est ma vraie place ?
En lisant Behar- Be’houkotaï, j’ai eu l’impression que ce n’était peutêtre pas la bonne question. Car la Torah nous dit quelque chose de radical, la terre ne nous appartient pas. Avec la Shemitah, elle impose un arrêt. Tous les 7 ans, on laisse la terre tranquille. On arrête de produire et d’exploiter. C’est une idée presque choquante aujourd’hui. Nous vivons dans un monde où tout pousse à faire plus, tout doit être optimisé. Comme si notre valeur dépendait de notre capacité à ne jamais nous arrêter. Même dans des lieux comme le bloc opératoire où tout est nécessaire et tout devrait avoir du sens, il y a cet objectif de performance, cette illusion de toujours devoir faire mieux.
On épuise tellement les soignants qu’ils deviennent incapables de produire ce pour quoi ils sont faits: du soin. Comme une terre surexploitée qui ne pourrait plus donner de fruits faute de substrat. Mais dès que je retourne dans la nature, quelque chose se remet en place. La montagne ne me demande rien, elle ne produit pas pour moi. Elle existe, simplement. Et moi, je ne suis plus une infirmière de qui on exige la perfection, je redeviens quelqu’un qui reçoit. Peut-être que la Shemitah ne parle pas seulement de la terre mais aussi de nous. De notre capacité à nous arrêter, à lâcher-prise et à accepter que tout ne dépend pas de nous.
Dans Be’houkotaï, la Torah nous dit aussi que dès que nous oublions tout cela, lorsque nous vivons dans une illusion de toute puissance, quelque chose finit par se déséquilibrer. La Torah parle alors de malédictions, de punitions. Je le vois comme étant peut-être les conséquences d’un monde, et d’hommes, exploité à l’extrême et qui finit par céder.
Alors peut-être que la question n’est pas : où est ma place? Mais plutôt : comment est-ce que j’habite le monde? Est-ce que je vis comme une propriétaire ou comme une gardienne? Peut-être que chacun de nous a besoin de sa propre Shemitah. Un moment ou un espace où l’on arrête de produire et où l’on est simplement. Pour moi ce sont ces moments dehors, sur un sentier de montagne, face à quelque chose de plus grand que moi. La Torah nous enseigne qu’il faut cesser de vouloir posséder le monde et accepter, enfin, d’en faire partie.
Claire
2026
Parasha Behar-Behoukoutai : Malédictions, humour rabbinique et perspectives d’avenir, par le rabbin Floriane Chinsky
Dans la parasha Behar, D.ieu donne à Moïse les règles relatives au repos de la terre et met en place le jubilé, tous les cinquante ans, au cours duquel la propriété foncière revient à la tribu et les esclaves sont libérés. Il précise également quand et comment un Hébreu peut devenir esclave et quelles sont les conditions de son traitement et de son rachat.
Dans la parasha Behoukotaï, Il décrit les bénédictions que recevront les Israélites obéissant à Ses commandements et les malédictions qui s’abattront sur eux s’ils n’y obéissent pas. Il précise toutefois que même s’ils s’éloignent de Lui, Il ne reniera pas l’Alliance.
Le livre du Lévitique s’achève sur la description des règles de consécration d’un bien au sanctuaire et les règles de transfert d’un bien consacré vers le monde profane.
Photo de Jametlene Reskp sur Unsplash
2026
Parasha Ashrei Mot – Kedoshim : après la mort, vous choisirez la vie, par le rabbin Philippe Haddad
Après la mort des fils d’Aaron, D.ieu ordonne le rite sacrificiel de Kippur et en prescrit les offrandes. La désignation du bouc-émissaire est ainsi décrite, ainsi que son envoi à Azazel. L’idée selon laquelle la Shekhina réside dans le Saint des Saints est affirmée. L’interdit de la consommation du sang est réaffirmé.
L’inceste, les rapports sexuels en période menstruelle, l’adultère et l’homosexualité sont interdits, ainsi que diverses autres pratiques sexuelles. Ces interdits sont accompagnés de l’interdiction de la consécration des enfants à Moloch. Il est d’ailleurs rappelé que c’est parce que les Cananéens se sont livrés à ces pratiques que la terre les hait.
Puis D.ieu énumère des prescriptions, qui constituent le Code de Sainteté, et insiste sur l’amour du prochain, de soi-même, de l’étranger, et le respect dû aux anciens et aux sages.
Photo de Ray Aucott – Unsplash
2026
Parasha Tazria-Metzora : (re)penser le pur et l’impur, par le rabbin Delphine Horvilleur
Dans la parasha Tazria, D.ieu détaille les règles de pureté et d’impureté concernant les femmes en couches et les délais des offrandes à apporter après la fin de l’impureté.
La parasha Metzora énumère les lois d’impureté relatives à la tzaraat (terme souvent abusivement traduit par lèpre, et qui désigne en réalité une forme de maladie pouvant toucher aussi bien la peau que les vêtements, voire les murs d’une maison, et qui est consécutive à une transgression des commandements ; la personne atteinte de tzaraat est dite metzora) et les rites de purification à effectuer après la fin du mal, ainsi que les principes d’impureté et de purification relatifs aux écoulements génitaux et aux menstruations.
Photo de Craig Melville – Unsplash