Parasha Pinhas : L’alliance de la paix – par le rabbin Philippe Haddad

Les enfants d’Israël s’installent à Chittim, où le peuple commence à fréquenter sexuellement les filles des Moabites. Elles invitent leurs amants à sacrifier à leurs divinités, et nombreux sont ceux qui cèdent à cette invitation. Les Israélites s’attachent donc à la divinité Baal-Peor et la colère de l’Eternel s’embrase contre eux.

D.ieu ordonne à Moïse de faire pendre ceux qui se sont rendus coupables de cette idolâtrie. Un Israélite souhaitant s’unir avec une midianite, Pin’has, le fils d’Eleazar (et donc petit-fils d’Aaron) s’arme d’une lance, suit le couple sous sa tente et les tue tous les deux.

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La vache rousse : faut-il tout comprendre pour croire ?  – Drasha de Claire

 En étudiant la paracha Houkat, je me suis arrêtée sur les premiers  mots du texte :  

« Zot Houkat HaTorah » – « Voici le décret de la Torah ».  Pourquoi la Torah utilise-t-elle ici le mot hok ?  

Nos sages distinguent traditionnellement plusieurs catégories de  mitsvot.  

Les michpatim sont les commandements dont la logique morale ou  sociale est accessible à la raison humaine. Même si la Torah ne les  avait pas prescrits, nous comprendrions spontanément la nécessité  d’interdire le meurtre, le vol ou le faux témoignage.  

À l’inverse, les houkim sont des commandements dont la raison  profonde échappe à notre compréhension.  

Dans le traité Yoma 67b, le Talmud cite plusieurs exemples de houkim  : l’interdiction du chaatnez, le bouc émissaire de Yom Kippour et la  vache rousse.  

La vache rousse est probablement le plus célèbre.  

Son paradoxe est bien connu : les cendres de la vache rousse purifient  celui qui est devenu impur au contact d’un mort, mais elles rendent  impur celui qui participe à leur préparation.  

Comment une même chose peut-elle à la fois purifier et rendre  impur ?  

En lisant ce passage, une question m’est venue à l’esprit :  Tout ce qui est vrai doit-il être compréhensible ?  

Cette question me parle particulièrement parce que, dans mon étude  du judaïsme, j’ai souvent cherché à comprendre avant d’accepter.  Pourquoi cette mitsva ?  

Pourquoi cette pratique ?  

Pourquoi cette règle ?  

Et je crois que cette démarche est profondément juive.  Après tout, une grande partie du Talmud est construite sur les  questions, les objections et les débats. La recherche de la vérité passe  souvent par la discussion.  

Pourtant, la vache rousse semble nous placer devant une limite. 

Dans Bamidbar Rabbah 19:3, les Sages rapportent que même le roi  Salomon, pourtant considéré comme l’homme le plus sage de son  époque, déclara à propos de la vache rousse, en s’appuyant sur le  verset de Kohélet (7:23) :  

« J’ai voulu devenir sage, mais cela est resté loin de moi. »  Si même Salomon ne comprend pas entièrement cette mitsva, quel  rapport devons-nous entretenir avec ce qui dépasse notre intelligence ?  La réponse la plus simple serait peut-être de dire :  

« Il faut croire sans comprendre. »  

Mais cette réponse ne me satisfait pas vraiment. Car croire sans  chercher à comprendre peut rapidement devenir du dogmatisme. Or ce  n’est pas l’image que la Torah nous donne de la sagesse.  Abraham questionne D. à propos de Sodome. Moïse questionne D. à  plusieurs reprises.  

Le Talmud est rempli de discussions où les Sages interrogent,  contestent et cherchent sans cesse à approfondir leur compréhension  du texte.  

Le judaïsme ne semble donc pas opposer l’adhésion à la Torah à la  réflexion.  

La véritable opposition n’est pas entre comprendre et accepter.  Peut-être qu’elle se situe entre deux attitudes différentes.  La première consiste à dire :  

« Je ne comprends pas encore, donc je vais continuer à chercher. »  La seconde consiste à dire :  

« Je ne comprends pas, donc cela ne peut pas être vrai. »  La première attitude est celle de l’humilité. La seconde peut parfois  devenir une forme d’orgueil intellectuel.  

 Cette idée me rappelle la célèbre phrase attribuée à Socrate :  « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien. »  

Socrate ne rejetait pas la connaissance. Il consacra sa vie à la  rechercher. Mais il avait compris que la sagesse commence lorsque  l’on reconnaît les limites de son propre savoir.  

 Je retrouve une intuition similaire chez Maïmonide. Dans le Guide  des Égarés, notamment dans la troisième partie de son ouvrage, le 

Rambam explique que l’intelligence humaine peut progresser  considérablement dans la connaissance de D. et de Sa création, mais  qu’elle ne pourra jamais saisir pleinement l’Essence divine. Plus nous  apprenons, plus nous découvrons ce qui nous dépasse encore.  

 Cette idée me paraît profondément liée à la vache rousse.  La Torah ne nous demande pas de renoncer à notre intelligence. Elle  nous demande de l’accompagner d’humilité.  

Chercher à comprendre est une obligation.  

Prétendre que tout doit être compris est une illusion.  

 Dans mon propre parcours, je découvre souvent que chaque réponse  ouvre de nouvelles questions.  

Au début, cela pouvait être frustrant.  

Aujourd’hui, j’y vois plutôt une richesse.  

Car la sagesse ne consiste peut-être pas à posséder toutes les réponses.  Elle consiste à continuer à chercher avec sincérité, même lorsque  certaines réponses nous échappent encore.  

C’est pourquoi je ne vois pas la vache rousse comme une invitation à  l’obéissance aveugle. Je la vois plutôt comme une invitation à  l’humilité intellectuelle.  

Elle nous rappelle que la raison est un don précieux, mais qu’elle n’est  pas nécessairement la mesure de toute chose.  

 

Paracha Houkat : Moïse, héros imparfait, par le rabbin Delphine Horvilleur

Dans la parasha Houkat, D.ieu prescrit à Moïse et Aaron le “décret de la Torah” et leur ordonne de fabriquer une eau lustrale, permettant de purifier un humain du contact d’un cadavre, à partir des cendres d’une vache rousse. Myriam meurt et soudain le peuple manque d’eau. Moïse en fait jaillir en frappant une roche mais D.ieu lui avait seulement ordonné de parler à la pierre; pour cela, Aaron et lui sont punis et ils n’entreront pas en terre d’Israël.

Le peuple se remet en marche mais sa route est bloquée par les Edomites et un grand détour est nécessaire. Aaron meurt et le peuple se révolte une fois de plus. D.ieu envoie contre les rebelles des serpents, dont la morsure ne peut être soignée que par le Nehoushtan, le serpent d’airain de Moïse.

Approchant du pays des Amoréens, les Israélites demandent à le traverser pacifiquement mais les Amoréens refusent et déclarent la guerre; ils sont vaincus.

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Parasha Korah : controverse théologique, par le rabbin Yann Boissière

Dans cette parasha, le lévite Korah lance une rebellion contre Moïse et Aaron, en arguant que tout le peuple étant saint,j l’autorité ne peut demeurer entre les seules mains des deux frères. Moïse fait appel à l’Eternel et ordonne qu’Aaron et Korah apportent chacun un sacrifice d’encens, afin de voir lequel sera agréé. Korah et ses partisans sont engloutis par la terre une peste frappe le peuple; seule l’offrande d’Aaron permet d’apaiser cette punition divine. Sa préséance est encore confirmée par le fait que le bâton d’Aaron, seul parmi ceux des autres princes des tribus, fleurit.

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Parasha Chelah Lekha : conquérir la terre ou conquérir la liberté ? Par le rabbin Floriance Chinsky

Dans la parasha Chelah Lekha, D.ieu accepte que le peuple envoie des explorateurs, à raison d’un par tribu, afin de décrire la terre de Canaan aux israélites. Mais à leur retour, la majorité des explorateurs, à l’exception de Caleb ben Yafune et de Josué bin Noun, considèrent que la conquête est impossible et racontent des histoires effrayantes sur ce qu’ils ont vu. Les Israélites se lamentent et protestent, menaçant de lapider Moïse, Aaron, Caleb et Josué. D.ieu décide alors d’exterminer le peuple et de le remplacer par une nouvelle nation, qui descendrait de Moïse, mais Moïse plaide la cause des enfants d’israël devant Lui et parvient à obtenir leur grâce. L’Eternel décide cependant que la génération actuelle mourra dans le désert, sans passer le Jourdain.

Sont ensuite prescrites des lois de prélèvements agricoles, des lois sur le Shabbat et le devoir de porter les tzitzits pour se souvenir de toutes les mitzvot.

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Parasha Behaalotekha : élévation, mysticisme et responsabilité, par le rabbin Delphine Horvilleur

Dans la parasha Behaalotekha, D.ieu indique à Aaron comment faire monter les lumières de la ménorah du Tabernacle. Il établit les règles pour la consécration des Lévites et prescrite une seconde Pâques pour ceux qui n’ont pas été en mesure de réaliser la première.
Une colonne de nuées et une colonne de feu guident les Israélites dans leurs voyages, au son de trompettes. Le peuple en vient à regretter les viandes d’Egypte et à murmurer contre Moïse. Aaron et Myriam remettent en question l’autorité du prophète et en punition, Myriam est frappée par une «lèpre» (tzaraat).

Parasha Nasso : la bénédiction qui en cache six autres, par le rabbin Gabriel Farhi

Dans la parasha Nasso, D.ieu énonce les fonctions des Gershonites et des Mérarites, puis les règles de purification du campement. Contrairement aux Qéhatites, les Gershonites et les Mérarites ont des chariots, mais pas d’ornements aux épaules. Le texte décrit ensuite la structure du camp et l’isolement dont doivent faire l’objet les individus impurs. La loi de mise à l’épreuve de l’épouse accusée d’infidélité est décrite, ainsi que la bénédiction sacerdotale et les offrandes des princes pour le Tabernacle.

Parasha Behar-Behoukoutai : le commentaire de Claire

Cette semaine, nous lisons la double paracha Behar-BE’houkotaï qui clôture Vayikra. Behar nous parle Shemitah, l’année sabbatique: tous les 7 ans, la Terre d’Israël doit être laissée au repos. On arrête de cultiver, on renonce à posséder et chacun peut se nourrir librement de ce que la terre donne. Mais la paracha va encore plus loin avec le Yovel, le Jubilé : après 50 ans, les terres retournent à leurs propriétaires d’origine, les dettes sont effacées, les hommes retrouvent leur liberté. Les déséquilibres sociaux ne restent pas permanents (quelle idée moderne !). Et puis Be’houkotaï nous dit que si le peuple d’Israël vit en respectant les Lois édictées par D., alors cela lui apportera des bénédictions. Mais s’il s’en éloigne, la Torah décrit une série d’épreuves que D. impose au peuple d’Israël.

Je me suis demandée en quoi ces parachiot me parlaient aujourd’hui dans ma vie. Et la réponse m’est venue du contraste saisissant entre mon lieu de travail, le bloc opératoire et ma passion, passer du temps dehors. Je travaille dans un lieu fermé, presque coupé du monde. Tout y est contrôlé, la lumière, l’air, les gestes. Le degré d’exigence et d’efficacité est très élevé. Et puis dès que je peux, je pars. Je m’évade dans la nature, là où je ne maîtrise rien, ni la météo, ni le terrain, rien. Et pourtant, je respire mieux. Entre ces deux mondes, je me demande: où est ma vraie place ?

En lisant Behar- Be’houkotaï, j’ai eu l’impression que ce n’était peutêtre pas la bonne question. Car la Torah nous dit quelque chose de radical, la terre ne nous appartient pas. Avec la Shemitah, elle impose un arrêt. Tous les 7 ans, on laisse la terre tranquille. On arrête de produire et d’exploiter. C’est une idée presque choquante aujourd’hui. Nous vivons dans un monde où tout pousse à faire plus, tout doit être optimisé. Comme si notre valeur dépendait de notre capacité à ne jamais nous arrêter. Même dans des lieux comme le bloc opératoire où tout est nécessaire et tout devrait avoir du sens, il y a cet objectif de performance, cette illusion de toujours devoir faire mieux.

On épuise tellement les soignants qu’ils deviennent incapables de produire ce pour quoi ils sont faits: du soin. Comme une terre surexploitée qui ne pourrait plus donner de fruits faute de substrat. Mais dès que je retourne dans la nature, quelque chose se remet en place. La montagne ne me demande rien, elle ne produit pas pour moi. Elle existe, simplement. Et moi, je ne suis plus une infirmière de qui on exige la perfection, je redeviens quelqu’un qui reçoit. Peut-être que la Shemitah ne parle pas seulement de la terre mais aussi de nous. De notre capacité à nous arrêter, à lâcher-prise et à accepter que tout ne dépend pas de nous.

Dans Be’houkotaï, la Torah nous dit aussi que dès que nous oublions tout cela, lorsque nous vivons dans une illusion de toute puissance, quelque chose finit par se déséquilibrer. La Torah parle alors de malédictions, de punitions. Je le vois comme étant peut-être les conséquences d’un monde, et d’hommes, exploité à l’extrême et qui finit par céder.

Alors peut-être que la question n’est pas : où est ma place? Mais plutôt : comment est-ce que j’habite le monde? Est-ce que je vis comme une propriétaire ou comme une gardienne? Peut-être que chacun de nous a besoin de sa propre Shemitah. Un moment ou un espace où l’on arrête de produire et où l’on est simplement. Pour moi ce sont ces moments dehors, sur un sentier de montagne, face à quelque chose de plus grand que moi. La Torah nous enseigne qu’il faut cesser de vouloir posséder le monde et accepter, enfin, d’en faire partie.

Claire

Parasha Behar-Behoukoutai : Malédictions, humour rabbinique et perspectives d’avenir, par le rabbin Floriane Chinsky

Dans la parasha Behar, D.ieu donne à Moïse les règles relatives au repos de la terre et met en place le jubilé, tous les cinquante ans, au cours duquel la propriété foncière revient à la tribu et les esclaves sont libérés. Il précise également quand et comment un Hébreu peut devenir esclave et quelles sont les conditions de son traitement et de son rachat.

Dans la parasha Behoukotaï, Il décrit les bénédictions que recevront les Israélites obéissant à Ses commandements et les malédictions qui s’abattront sur eux s’ils n’y obéissent pas. Il précise toutefois que même s’ils s’éloignent de Lui, Il ne reniera pas l’Alliance.

Le livre du Lévitique s’achève sur la description des règles de consécration d’un bien au sanctuaire et les règles de transfert d’un bien consacré vers le monde profane.

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Parasha Ashrei Mot – Kedoshim : après la mort, vous choisirez la vie, par le rabbin Philippe Haddad

Après la mort des fils d’Aaron, D.ieu ordonne le rite sacrificiel de Kippur et en prescrit les offrandes. La désignation du bouc-émissaire est ainsi décrite, ainsi que son envoi à Azazel. L’idée selon laquelle la Shekhina réside dans le Saint des Saints est affirmée. L’interdit de la consommation du sang est réaffirmé.

L’inceste, les rapports sexuels en période menstruelle, l’adultère et l’homosexualité sont interdits, ainsi que diverses autres pratiques sexuelles. Ces interdits sont accompagnés de l’interdiction de la consécration des enfants à Moloch. Il est d’ailleurs rappelé que c’est parce que les Cananéens se sont livrés à ces pratiques que la terre les hait.

Puis D.ieu énumère des prescriptions, qui constituent le Code de Sainteté, et insiste sur l’amour du prochain, de soi-même, de l’étranger, et le respect dû aux anciens et aux sages.

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