La Bible : une littérature de crise ? Par Thomas Römer, du Collège de France

De nombreux passages de la Bible relèvent d’une forme de littérature de crise : ils relatent des événements traumatisants pour leurs contemporains et tentent d’y donner un sens. La Bible est en grande partie issue de ce mode de réaction à la crise et au danger, immédiat ou imminent. Le texte biblique est aussi le témoignage d’une résilience et d’une transmission malgré tout, au travers des avatars de l’Histoire. Et la preuve que la crise que l’on traverse, soi, à l’instant T, n’est jamais ni la dernière, ni la pire.

 

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Deror Yikra

Deror Yikra (דְּרוֹר יִקְרָא‎) est un piyout traditionnellement chanté durant les repas de Shabbat, et en particulier devant le premier met d’un repas du vendredi soir. Deror Yikra a été écrit à Cordoue, vers 960, par Dunash ben Labrat. Le chant est une prière, demandant à D.ieu de protéger Israël de ses oppresseurs et d’apporter la paix et la rédemption du monde.

Quelques versions de Deror Yikra

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La prière (4) : Abraham sur le mont Moriah: au sommet du texte biblique, par Shmuel Trigano

Dans ce quatrième cours consacré à la prière juive, Shmuel Trigano évoque l’expérience du retrait et du creusement en soi qui, dans la prière juive, permet la présence à la fois de D.ieu et du prochain; il aborde la quête de la singularité comme objectif de la Création, par l’émergence d’un Moi capable de faire face au Divin.

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Le monde judéo-espagnol (1) : le Ladino, miroir de l’hébreu – par Haïm Vidal-Sephiha

Contrairement à ce que l’on croit souvent, le ladino et le judéo-espagnol sont deux langues distinctes : si le judéo-espagnol est véritablement la langue vernaculaire des Juifs d’Espagne (et donc comparable, mutatis mutandis, au Yiddish), le ladino, quant à lui, est un décalque syntaxique de la langue hébraïque, principalement utilisé dans le cadre liturgique. Dans ce premier cours consacré au monde judéo-espagnol, Haïm Vidal-Sephiha se concentre sur les dynamiques linguistiques et historiques autour de ces deux langues.

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Parasha Tetsave : quand l’habit fait le prêtre, par le rabbin Delphine Horvilleur

Dans la parasha Tetsave, D.ieu décrit très précisément à Moïse la préparation de l’huile d’olive pure destinée à la ménorah. Il donne ensuite des instructions pour la confection des habits sacerdotaux des Kohanim, Il établit la liturgie pour l’initiation des prêtres, l’inauguration du sanctuaire, l’offrande perpétuelle (les deux moutons sacrifiés chaque jour) et enfin l’autel, sur lequel l’encens sera offert.

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Purim : le carnaval juif ? Par le rabbin Yeshaya Dalsace

Purim constitue un moment pour le moins inhabituel dans l’année juive : en cette occasion, en effet, le sérieux et l’étude laissent place à une joie débridée et alcoolisée, fort peu typique des autres célébrations. Yeshaya Dalsace propose ici, à destination des débutants, un court résumé de l’essentiel de ce qu’il y a à savoir sur Purim, de ses origines bibliques à ses pratiques contemporaines.

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La prière (3) : la bénédiction du matin, ouverture d’un espace intérieur, par Shmuel Trigano

Dans ce troisième cours consacré à la prière juive, Shmuel Trigano évoque l’expérience de prière des Patriarches, et en particulier d’Abraham. Il aborde également les parties souvent jugées problématique de la prière traditionnelle du matin (notamment le passage « qui ne m’a pas fait femme ») et comment il est possible de les comprendre de nos jours.

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Conversions forcées en Espagne : une histoire d’oubli

Au cours de l’été 1391, la Castille et l’Aragon sont ensanglantés par des massacres de Juifs. Les victimes se voient proposer un choix : la conversion au christianisme ou la mort immédiate. Pour ceux qui choisissent la conversion, tout va ensuite être mis en œuvre pour effacer des mémoires l’origine juive des convertis. Le baptême, perçu et compris comme une nouvelle naissance, engendre un être régénéré, qui ne doit plus porter aucune trace de l’infamante origine hébraïque. Mais rapidement, surgissent dans la société médiévale espagnole des doutes quant à la sincérité des conversos et de nouveaux instruments de répression vont être mis en place pour chasser les judaïsants.

Pour en savoir davantage sur ce thème, découvrez cet article universitaire de Claire Soussen, paru dans la revue E-Spania.

Mythes et histoires du livre de l’Exode – par Thomas Römer, du Collège de France – Huitième et dernière partie

Ces deux derniers cours achèvent le long cycle, commencé en 2013 et achevé en 2015, de conférences que Thomas Römer a consacré, au Collège de France, à l’étude du livre de l’Exode (Shemot), non d’un point de vue religieux ou théologique, mais en tant que document historique. Il aborde ici le Décalogue et en étudie la structure et les phases de rédaction.

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Parasha Terumah : le sens des chérubins

Dans la parasha Terumah, D.ieu décrit à Moïse comment les Enfants d’Israël doivent construire le sanctuaire grâce auquel Il résidera parmi eux. Les détails les plus minutieux du sanctuaire sont ainsi décrits, et notamment l’Arche d’Alliance, son couvercle orné de chérubins, l’autel, le chandelier et ainsi de suite. Dans ce commentaire, Jean Pisané, psychologue, livre une analyse de ce que cette parasha signifie en termes d’identité juive. Il se penche aussi longuement sur les chérubins : étranges créatures, et surtout exception à l’interdiction de représentation, par ailleurs formelle.

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