5787 : demandez le programme !

Une année riche et dense

Cette année 5787 sera marquée par la richesse et la diversité des interventions. En plus de notre rabbin, nous aurons le plaisir de recevoir pas moins cinq officiants invités !

Elle sera également marquée par la pluralité des enseignements religieux : au cours d’introduction au judaïsme destinés aux personnes en guiyour et aux cours de cabale et étude de parasha en havrouta proposés comme les années précédentes par Georges-Elia Sarfati, viennent s’ajouter en 5787 des cours de liturgie, par notre rabbin Sophie BIsmut, et qui sont destinés à faire monter en compétence les officiants de la communauté et ceux qui voudraient le devenir. Nous bénéficierons également de cours de chant liturgiques, qui nous seront donnés par la hazzanit Orian Assayag.

En dehors des enseignements et de l’aspect purement cultuel, nous nous retrouverons également pour plusieurs dates au cours de cette année. Tout d’abord Reverse Tashlikh, une initiative regroupant de synagogues et associations juives du monde entiers, et à laquelle Kehilat Kedem adhère cette année : quelques heures durant lesquelles nous nettoierons une plage, et réfléchirons ensemble à la responsabilité humaine face à la Création. Nous nous retrouverons également, comme ces deux dernières années, pour des sessions de dialogue inter-religieux, avec la troisième saison d’Une question à la foi. Comme précédemment, il s’agit de se retrouver autour d’un thème; chacun y parle de son expérience personnelle, sans débattre ni chercher à convaincre; et, une fois n’est pas coutume, on donne la parole non aux ministres du culte, mais aux simples fidèles, aux gens ordinaires, qui témoignent de leur manière de comprendre et de vivre leur religion.
Enfin, le professeur Jean-François Faü, historien spécialiste de l’histoire juive, nous proposera deux conférences cette année : une première consacrée aux caraïtes, une seconde à l’image du juif dans l’iconographie chrétienne médiévale.

Par ailleurs, nous reprendrons bien entendu les repas communautaires, à raison d’un par mois. Les dates seront communiquées dès qu’elles seront fixées définitivement mais vous pouvez dores et déjà considérer que les samedis où Orian Assayag est présente, l’office sera suivi d’un repas partagé.

Ce programme est rendu possible par JeM, qui nous aide à plusieurs égards. Par les efforts et le travail de notre rabbin Sophie Bismut et du Conseil d’Administration de Kehilat Kedem,  ainsi que des bénévoles. Mais il est également rendu possible, et va être rendu pérenne, par votre soutien. Une telle richesse d’intervenants a un coût. Nous laissons et allons laisser, tout au long de l’année, des inscriptions à tarifs libres, afin de vous permettre de nous signifier votre intérêt : à vous de nous indiquer à quel point vous tenez à un intervenant, un officiant, une activité, en contribuant au financement de l’événement. Les événements qui recevront votre soutien seront ceux que nous aurons les meilleures chances de pouvoir pérenniser pour les années à venir.

Je vous souhaite à tous un bel été, et, en ce mois d’Elul qui commence, de bonnes et fertiles réflexions.

Julien Taillandier
Président de Kehilat Kedem

Notre rabbin Sophie Bismut

Nous aurons le plaisir de voir notre rabbin à de nombreuses reprises au cours de l’année 5787. Elle sera en particulier avec nous pour Erev Sukkot, pour Pessah et pour de nombreux shabbatot, tout au long de l’année.

En plus du suivi des personnes en guiyour, de l’intégralité des questions halakhiques, des bar/bat mitvot et de ses autres fonctions habituelles (mariages, sépultures…), elle prendra en charge cette année des cours de liturgie. Ces cours, destinés aux personnes souhaitant se charger d’offices communautaires, auront comme condition d’accès une lecture correcte de la langue hébraïque. Ils seront offerts par la communauté, à condition que les personnes inscrites s’engagent à assurer deux à trois offices dans le courant de l’année.

Rabbins et officiants invités

(par ordre d’intervention au cours de l’année)

Tamara Settbon, étudiante rabbin

Le Rav
Haïm Cipriani

La hazzanit
Orian Assayag

La rabbine
Floriane Chinsky

Le rabbin
Haïm Casas

Rabbin Haïm Cipriani

Tamara est déjà connue des membres de notre communauté qui ont assisté à la visite du groupe jeunes de JeM. Précédemment en charge des questions écologiques au sein de JeM, elle a rejoint depuis un séminaire rabbinique à New York. Elle nous rejoint pour les fêtes cette année et célèbrera avec nous Roch HaShana et Yom Kippur.

Cette année, nous aurons le plaisir de revoir le Rav Cipriani, qui nous fait le plaisir de nous rejoindre pour Simhat Torah et pour Shavuot.

Orian a grandi entre les chants et histoires et sa mère et de sa grand-mère de Djerba et les études de Torah de son père, de tradition marocaine. Elle est écrivaine, compositrice et hazzanit.
Tout au long de cette année 5787, elle nous rejoindra pour des offices, mais également pour des cours de chant liturgique.

Comme l’an dernier, la rabbine Floriane Chinsky nous rejoindra pour un shabbat en novembre, suivi d’une conférence-rencontre.

Autre vieil habitué de Kehilat Kedem que nous aurons le plaisir de revoir cette année, le rabbin Haïm Casas sera des nôtres pour Hannukah.

Le calendrier 5787


(2026-2027)

Septembre 2026

  • Vendredi 4 septembre – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Dimanche 6 septembre – 18h00 : Reverse Tashlikh
  • Vendredi 11 septembre – 19h00 : Erev Roch HaShana et seder, avec l’étudiante rabbin Tamara Settbon. Au menu : plateaux de dégustation par un traiteur végétarien, et bien entendu pomme au miel !  Inscriptions : cliquez ici
  • Samedi 12 septembre – 10h00 : office de Roch HaShana, avec l’étudiante rabbin Tamara Settbon
  • Samedi 12 septembre – 13h00 : Tashlikh, avec l’étudiante rabbin Tamara Settbon
  • Vendredi 18 septembre – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Dimanche 20 septembre – 19h00 : Erev Yom Kippur, avec l’étudiante rabbin Tamara Settbon, puis lundi 21 septembre – 10h00 à 19h00 : Yom Kippur, avec l’étudiante rabbin Tamara Settbon. Inscription : cliquez ici. 
  • Vendredi 25 septembre – 19h00 : Sukkot, avec notre rabbin Sophie Bismut. Inscription : cliquez ici.  

Octobre 2026

  • Vendredi 2 octobre – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Dimanche 4 octobre – 18h00 : Simhat Torah, avec le Rav Haïm Cipriani. Inscription : cliquez ici.
  • Vendredi 9 octobre – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Mercredi 14 octobre – 19h00 : Une question à la foi, dialogue inter-religieux
  • Vendredi 16 octobre – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Jeudi 22 octobre – 20h00 : Conférence du Pr. Jean-François Fau : le Caraïsme, cet autre judaïsme
  • Vendredi 23 octobre – 19h00 : Kabbalat shabbat, avec la Hazzanit Orian Assayag
  • Samedi 24 octobre – 10h00 : office, avec la Hazzanit Orian Assayag, suivi d’un atelier chant liturgique
  • Vendredi 30 octobre – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire

Novembre 2026

  • Vendredi 6 novembre – 19h00 : Kabbalat shabbat, avec notre Rabbin Sophie Bismut
  • Samedi 7 novembre – 10h00 : office, avec notre Rabbin Sophie Bismut
  • Vendredi 13 novembre – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Vendredi 20 novembre – 19h00 : Kabbalat shabbat, avec le rabbin Floriane Chinski
  • Samedi 21 novembre – 10h00 : office, avec le rabbin Floriane Chinski
  • Vendredi 27 novembre – 19h00 : Kabbalat shabbat en ligne, avec JeM
  • Samedi 28 novembre – 10h00 : office en ligne, avec JeM

Décembre 2026

  • Vendredi 4 décembre – 19h00 : Hannukah, avec le Rabbin Haïm Casas
  • Samedi 5 décembre – 10h00 : Hannukah, avec le Rabbin Haïm Casas
  • Vendredi 11 décembre – 19h00 : Hannukah, avec la Hazzanit Orian Assayag
  • Samedi 12 décembre – 10h00 : Hannukah, avec la Hazzanit Orian Assayag,  suivi d’un atelier chant liturgique
  • Vendredi 18 décembre – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Vendredi 25 décembre – 19h00 : Kabbalat shabbat en ligne, avec JeM
  • Samedi 26 décembre – 10h00 : office en ligne, avec JeM

Janvier 2027

  • Vendredi 1er janvier – 19h00 : Kabbalat shabbat en ligne, avec JeM
  • Samedi 2 janvier – 10h00 : office en ligne, avec JeM
  • Vendredi 8 janvier – 19h00 : Kabbalat shabbat, avec notre Rabbin Sophie Bismut
  • Samedi 9 janvier – 10h00 : office, avec notre Rabbin Sophie Bismut
  • Vendredi 15 janvier – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Vendredi 22 janvier – 19h00 : Tu Bish’Vat, avec la Hazzanit Orian Assayag
  • Samedi 23 janvier – 10h00 : office, avec la Hazzanit Orian Assayag,  suivi d’un atelier chant liturgique
  • Vendredi 29 janvier – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire

Février 2027

  • Vendredi 5 février – 19h00 : Kabbalat shabbat, avec notre Rabbin Sophie Bismut
  • Samedi 6 février – 10h00 : office, avec notre Rabbin Sophie Bismut
  • Vendredi 12 février – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Vendredi 19 février – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Mercredi 24 février – 19h00 : Une question à la foi, dialogue inter-religieux
  • Vendredi 26 février – 19h00 : Kabbalat shabbat,  avec la Hazzanit Orian Assayag
  • Samedi 27 février – 10h00 : office,avec la Hazzanit Orian Assayag,  suivi d’un atelier chant liturgique

Mars 2027

  • Vendredi 5 mars – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Vendredi 12 mars – 19h00 : Kabbalat shabbat, avec notre Rabbin Sophie Bismut
  • Samedi 13 mars – 10h00 : office, avec notre Rabbin Sophie Bismut
  • Vendredi 19 mars – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Lundi 22 mars – 19h00 : Kabbalat shabbat,  avec la Hazzanit Orian Assayag
  • Jeudi25 mars – 20h00 : Conférence du Pr. Jean-François Fau : lmage des Juifs au miroir de l’iconographie chrétienne médiévale
  • Vendredi 26 mars – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire

Avril 2027

  • Vendredi 2 avril – 19h00 : Kabbalat shabbat,  avec la Hazzanit Orian Assayag
  • Samedi 3 avril – 10h00 : office,avec la Hazzanit Orian Assayag,  suivi d’un atelier chant liturgique
  • Vendredi 9 avril – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Vendredi 16 avril – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Jeudi 22 avril – 19h00 : Seder de Pessah, avec notre rabbin Sophie Bismut
  • Vendredi 23 avril – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Mercredi 28 avril – 19h00 : Une question à la foi, dialogue inter-religieux
  • Vendredi 30 avril – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire

Mai 2027

  • Vendredi 7 mai – 19h00 : Kabbalat shabbat,  avec la Hazzanit Orian Assayag
  • Samedi 8 mai – 10h00 : office,avec la Hazzanit Orian Assayag,  suivi d’un atelier chant liturgique
  • Vendredi 14 mai – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Vendredi 21 mai – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Vendredi 28 mai – 19h00 : Kabbalat shabbat, avec notre rabbin Sophie Bismut
  • Samedi 29 mai – 10h00 : office, avec notre rabbin Sophie Bismut

Juin 2027

  • Vendredi 4 juin – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Vendredi 11 juin – 19h00 : Shavuot, avec le Rav Haïm Cipriani
  • Samedi 12 juin – 10h00 : Shavuot, avec le Rav Haïm Cipriani
  • Vendredi 18 juin – 19h00 : Kabbalat shabbat communautaire
  • Vendredi 25 juin – 19h00 : Kabbalat shabbat, avec notre rabbin Sophie Bismut
  • Samedi 26 juin – 10h00 : office, avec notre rabbin Sophie Bismut

Cotisations : ce qui change pour 5787

Comme convenu lors de l’Assemblée Générale 2026, une hausse limitée des cotisations a été mise en place et sera effective à partir du 1er août 2026. Cette hausse est destinée à compenser l’augmentation des coûts du fait de l’inflation de ces dernières années. Nous avons cependant tout fait pour que l’augmentation soit faible : notre but est et reste que la synagogue soit accessible à tous. Dans le même temps, il est évident que nous avons besoin de fonds pour mener à bien nos actions et vous proposer des activités cultuelles, culturelles et d’enseignement dignes de ce nom. Jérôme, notre trésorier, a lancé courant juillet une campagne de rappels, afin que ceux qui n’ont pas encore cotisé pour cette année puissent le faire en bénéficiant encore des anciens tarifs.

La cotisation annuelle se monte désormais à 240€ pour un adulte imposable seul, 400€ pour une famille.
Pour les personnes non imposables, nous poursuivons la politique qui a toujours été celle de Kehilat Kedem : ne pas leur faire payer plus cher que cela coûte aux imposables, compte tenu des réductions d’impôts dont les personnes imposables bénéficient. C’est pourquoi les cotisations se montent désormais à 80€ pour une personne seule, 135€ pour une famille.

Nouveauté de cette année : il vous est désormais possible, grâce à une nouvelle fonction d’HelloAsso, de mensualiser vos paiements : ainsi, si vous préférez par exemple régler 20€ au début de chaque mois plutôt que 240€ d’un coup, c’est possible. Même chose pour tous les autres montants.

Le bulletin d’adhésion se trouve ici.  La page est protégée par un mot de passe, qui vous sera donné par le président ou le trésorier sur demande (et ce afin de sécuriser nos adhésions). Vous pouvez aussi nous demander un lien direct vers HelloAsso.

Pour rappel : la plateforme HelloAsso, par laquelle nous passons pour centraliser nos dons et paiements, propose systématiquement de compléter vos versements à Kehilat Kedem par un don à son endroit. Ce don n’est nullement obligatoire et peut être réduit ou supprimé d’un simple clic.

Plus d’informations sur les réductions d’impôts dont vous bénéficiez en cliquant ici. 

Photo de micheile henderson sur Unsplash

Parasha Vaethanane : regarder plus loin, par le rabbin Sophie Bismut

Dans la parasha Vaethanane, Moïse rappelle aux Israélites leur histoire et supplie D.ieu de le laisser voir la Terre Promise mais c’est Josué qui est désigné pour conduire le peuple. Moïse exhorte le peuple à rester fidèle à l’Alliance et indique les châtiments encourus s’il oublie ses promesses. Il rappelle le caractère unique de la Torah et les Dix Paroles, puis énonce ce qui va devenir la première partie du Shema.

Photo de Eddie & Carolina Stigsonsur Unsplash

Parasha Devarim : la Torah de génération en génération, par le rabbin Philippe Haddad

Quarante ans après l’Exode, les Israélites arrivent enfin aux frontières de la terre promise. Moïse d’adresse au peuple, rappelant les comportements répréhensibles antérieurs et la faute des explorateurs. Il rappelle les bienfaits et les victoires offerts par D.ieu et insiste sur le faite que le pays qui est offert est déjà construit.

 

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Parasha Matot-Massé : ce contrat qui nous lie, par le rabbin Ann-Gaëlle Attias

Dans la parasha Matot-Massé, Moïse parle aux chefs des tribus d’Israël et leur transmet les ordres divins quant au respect des voeux. Les Israélites partent ensuite en guerre contre les Midianites, alliés des Moabites, et s’emparent de leurs terres. Ces terres étant riches et fertiles, les tribus de Ruben, de Gad et de Mannassé décident de s’y installer plutôt que d’avoir une part de Canaan. Leur requête est acceptée mais à condition de participer tout de même à la conquête.

Le parcours des Israélites depuis la sortie d’Egypte est rappelé dans chacune de ses étapes. Alors que le peuple approche de la frontière de Canaan, D.ieu donne à Moïse les règles de la conquête, indique les frontières de la Terre Promise et la répartition des terres et des cités entre les tribus. Des villes-refuges, où peuvent se rendre les criminels involontaires, sont également établies.

Enfin, les filles de Tzelofhad reçoivent leur part et les mariages entre tribus sont interdits afin de respecter les parts d’héritage.

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Parasha Pinhas : L’alliance de la paix – par le rabbin Philippe Haddad

Les enfants d’Israël s’installent à Chittim, où le peuple commence à fréquenter sexuellement les filles des Moabites. Elles invitent leurs amants à sacrifier à leurs divinités, et nombreux sont ceux qui cèdent à cette invitation. Les Israélites s’attachent donc à la divinité Baal-Peor et la colère de l’Eternel s’embrase contre eux.

D.ieu ordonne à Moïse de faire pendre ceux qui se sont rendus coupables de cette idolâtrie. Un Israélite souhaitant s’unir avec une midianite, Pin’has, le fils d’Eleazar (et donc petit-fils d’Aaron) s’arme d’une lance, suit le couple sous sa tente et les tue tous les deux.

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La vache rousse : faut-il tout comprendre pour croire ?  – Drasha de Claire

 En étudiant la paracha Houkat, je me suis arrêtée sur les premiers  mots du texte :  

« Zot Houkat HaTorah » – « Voici le décret de la Torah ».  Pourquoi la Torah utilise-t-elle ici le mot hok ?  

Nos sages distinguent traditionnellement plusieurs catégories de  mitsvot.  

Les michpatim sont les commandements dont la logique morale ou  sociale est accessible à la raison humaine. Même si la Torah ne les  avait pas prescrits, nous comprendrions spontanément la nécessité  d’interdire le meurtre, le vol ou le faux témoignage.  

À l’inverse, les houkim sont des commandements dont la raison  profonde échappe à notre compréhension.  

Dans le traité Yoma 67b, le Talmud cite plusieurs exemples de houkim  : l’interdiction du chaatnez, le bouc émissaire de Yom Kippour et la  vache rousse.  

La vache rousse est probablement le plus célèbre.  

Son paradoxe est bien connu : les cendres de la vache rousse purifient  celui qui est devenu impur au contact d’un mort, mais elles rendent  impur celui qui participe à leur préparation.  

Comment une même chose peut-elle à la fois purifier et rendre  impur ?  

En lisant ce passage, une question m’est venue à l’esprit :  Tout ce qui est vrai doit-il être compréhensible ?  

Cette question me parle particulièrement parce que, dans mon étude  du judaïsme, j’ai souvent cherché à comprendre avant d’accepter.  Pourquoi cette mitsva ?  

Pourquoi cette pratique ?  

Pourquoi cette règle ?  

Et je crois que cette démarche est profondément juive.  Après tout, une grande partie du Talmud est construite sur les  questions, les objections et les débats. La recherche de la vérité passe  souvent par la discussion.  

Pourtant, la vache rousse semble nous placer devant une limite. 

Dans Bamidbar Rabbah 19:3, les Sages rapportent que même le roi  Salomon, pourtant considéré comme l’homme le plus sage de son  époque, déclara à propos de la vache rousse, en s’appuyant sur le  verset de Kohélet (7:23) :  

« J’ai voulu devenir sage, mais cela est resté loin de moi. »  Si même Salomon ne comprend pas entièrement cette mitsva, quel  rapport devons-nous entretenir avec ce qui dépasse notre intelligence ?  La réponse la plus simple serait peut-être de dire :  

« Il faut croire sans comprendre. »  

Mais cette réponse ne me satisfait pas vraiment. Car croire sans  chercher à comprendre peut rapidement devenir du dogmatisme. Or ce  n’est pas l’image que la Torah nous donne de la sagesse.  Abraham questionne D. à propos de Sodome. Moïse questionne D. à  plusieurs reprises.  

Le Talmud est rempli de discussions où les Sages interrogent,  contestent et cherchent sans cesse à approfondir leur compréhension  du texte.  

Le judaïsme ne semble donc pas opposer l’adhésion à la Torah à la  réflexion.  

La véritable opposition n’est pas entre comprendre et accepter.  Peut-être qu’elle se situe entre deux attitudes différentes.  La première consiste à dire :  

« Je ne comprends pas encore, donc je vais continuer à chercher. »  La seconde consiste à dire :  

« Je ne comprends pas, donc cela ne peut pas être vrai. »  La première attitude est celle de l’humilité. La seconde peut parfois  devenir une forme d’orgueil intellectuel.  

 Cette idée me rappelle la célèbre phrase attribuée à Socrate :  « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien. »  

Socrate ne rejetait pas la connaissance. Il consacra sa vie à la  rechercher. Mais il avait compris que la sagesse commence lorsque  l’on reconnaît les limites de son propre savoir.  

 Je retrouve une intuition similaire chez Maïmonide. Dans le Guide  des Égarés, notamment dans la troisième partie de son ouvrage, le 

Rambam explique que l’intelligence humaine peut progresser  considérablement dans la connaissance de D. et de Sa création, mais  qu’elle ne pourra jamais saisir pleinement l’Essence divine. Plus nous  apprenons, plus nous découvrons ce qui nous dépasse encore.  

 Cette idée me paraît profondément liée à la vache rousse.  La Torah ne nous demande pas de renoncer à notre intelligence. Elle  nous demande de l’accompagner d’humilité.  

Chercher à comprendre est une obligation.  

Prétendre que tout doit être compris est une illusion.  

 Dans mon propre parcours, je découvre souvent que chaque réponse  ouvre de nouvelles questions.  

Au début, cela pouvait être frustrant.  

Aujourd’hui, j’y vois plutôt une richesse.  

Car la sagesse ne consiste peut-être pas à posséder toutes les réponses.  Elle consiste à continuer à chercher avec sincérité, même lorsque  certaines réponses nous échappent encore.  

C’est pourquoi je ne vois pas la vache rousse comme une invitation à  l’obéissance aveugle. Je la vois plutôt comme une invitation à  l’humilité intellectuelle.  

Elle nous rappelle que la raison est un don précieux, mais qu’elle n’est  pas nécessairement la mesure de toute chose.  

 

Paracha Houkat : Moïse, héros imparfait, par le rabbin Delphine Horvilleur

Dans la parasha Houkat, D.ieu prescrit à Moïse et Aaron le “décret de la Torah” et leur ordonne de fabriquer une eau lustrale, permettant de purifier un humain du contact d’un cadavre, à partir des cendres d’une vache rousse. Myriam meurt et soudain le peuple manque d’eau. Moïse en fait jaillir en frappant une roche mais D.ieu lui avait seulement ordonné de parler à la pierre; pour cela, Aaron et lui sont punis et ils n’entreront pas en terre d’Israël.

Le peuple se remet en marche mais sa route est bloquée par les Edomites et un grand détour est nécessaire. Aaron meurt et le peuple se révolte une fois de plus. D.ieu envoie contre les rebelles des serpents, dont la morsure ne peut être soignée que par le Nehoushtan, le serpent d’airain de Moïse.

Approchant du pays des Amoréens, les Israélites demandent à le traverser pacifiquement mais les Amoréens refusent et déclarent la guerre; ils sont vaincus.

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Parasha Korah : controverse théologique, par le rabbin Yann Boissière

Dans cette parasha, le lévite Korah lance une rebellion contre Moïse et Aaron, en arguant que tout le peuple étant saint,j l’autorité ne peut demeurer entre les seules mains des deux frères. Moïse fait appel à l’Eternel et ordonne qu’Aaron et Korah apportent chacun un sacrifice d’encens, afin de voir lequel sera agréé. Korah et ses partisans sont engloutis par la terre une peste frappe le peuple; seule l’offrande d’Aaron permet d’apaiser cette punition divine. Sa préséance est encore confirmée par le fait que le bâton d’Aaron, seul parmi ceux des autres princes des tribus, fleurit.

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